Truffe et Champagne, expérience de slow tourisme d’excellence

Une initiative innovante dans l’oenotourisme, celle de Delphine SEMIN DUMONT à Champignol-lez-Mondeville, petite commune de l’Aube, qui a créé un lien entre Champagne et nature en bousculant les codes. Cette nouvelle activité oenotouristique et d’écotourisme est un exemple de tourisme durable où l’habitant est au cœur de la valorisation de son territoire pour transmettre son savoir-faire et son regard sur l’environnement en invitant les touristes à une expérience immersive.

Son mari, vigneron et ingénieur œnologue a repris les vignes familiales en 2018. De son côté, Delphine SEMIN DUMONT biologiste écologue, aguerrie dans son précédent poste à des sorties nature dans le Parc Régional de la Montagne de Reims, a fait de sa passion pour la truffe son nouveau cheval de bataille pour allier champagne et terroir et développer une offre pédagogique. Elle décide de créer une structure autonome « L’empreinte des Fées » pour sensibiliser et éduquer les visiteurs à l’occasion de leur passage dans le domaine : il ne s’agit pas d’une simple balade dans les vignes, ni d’une visite guidée suivie d’une dégustation, mais d’un positionnement orienté sur la découverte d’un écosystème et du sujet environnemental.

©Wikilmages Pixabay

Delphine SEMIN DUMONT propose quatre types de visites pour 15 à 20 personnes maximum afin de conserver cette possibilité d’échange et de proximité avec ses visiteurs. Les thématiques varient de « La recherche de truffes d’automne », à « La biodiversité des côteaux de champagne ou « La découverte de la faune locale en sortie semi-nocturne », en passant par une aventure familiale de « Vigneron explorateur autour d’un jeu de piste ». Elle mise sur la rencontre et l’expérience et met particulièrement l’accent sur le mariage heureux de la truffe et du champagne en resituant ces deux produits de luxe dans leur terroir et leur rapport à la terre. Avec son chien truffier, elle propose une immersion dans le monde de la Tuber Uncinatum, la truffe d’automne de Bourgogne ou de Champagne, qui pousse sur les terrains calcaires en symbiose avec des arbres comme les hêtres, charmes, noisetiers, chênes ou pins. Un « diamant noir » dont le prix, bien qu’inférieur à celui des truffes noires ou blanches, peut atteindre plusieurs centaines d’euros le kilo.

Cette initiative s’inscrit dans le Slow tourisme mis en avant par le Département de l’Aube. Elle est d’autant plus audacieuse et courageuse que le domaine est reculé, proche de sites touristiques mais sur des routes peu fréquentées. En choisissant d’entrer par la porte du Champagne, Delphine SEMIN DUMONT s’offre une clientèle ciblée : les touristes et visiteurs qui viennent à la rencontre du vigneron se laissent facilement captés par le concept. L’objectif est cependant d’attirer aussi des clientèles spécifiques et de rendre la structure autonome à moyens termes. Mais depuis 2005, les touristes ne se déplacent plus à l’improviste car les exploitations sont trop dispersées sur le territoire et pas toujours ouvertes…

© Olivier Frajman Photographe

D’où la nécessité de miser sur la communication : le site internet de l’Empreinte de Fées est en construction. Le nom se démarque volontairement du champ lexical lié au vin, en associant les fées à la nature et l’empreinte à celle de l’homme sur son environnement ou à celle du chien truffier. Les réseaux sociaux sont aussi de bons vecteurs de visibilité. Delphine SEMIN DUMONT a choisi de mettre en place un système de réservations, de jouer sur certains codes en lien avec le champagne tout en proposant de véritables expériences annexes à la dégustation de vin. Les horaires d’ouverture permettent de bénéficier de visites toute l’année sur simple réservation. Par ailleurs, l’offre gagnerait à être couplée à des solutions d’hébergement et de transport, d’intégrer des sites de randonnées, ou de s’allier à des offres touristiques sur des visites du patrimoine local (Abbaye de Clairvaux, Musée Renoir d’Essoyes, Musée du Général de Gaulle, Commanderie Templière d’Avalleur…). Des pistes à considérer pour s’assurer une fréquentation régulière et acquérir une renommée méritée sur cette niche originale.

Photo en Une © Olivier Frajman Photographe

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Par Delphine Yagüe
Delphine YAGÜE a créé CulturistiQ Laboratoire culturel en 2016.

Elle combine une double approche en marketing et en histoire des sociétés et religions, de belles expériences dans la gestion de projets culturels et touristiques et une âme de voyageuse.