D’un patrimoine remarquable à une valorisation patrimoniale globale

La Cité du vitrail de Troyes vient de fermer temporairement ses portes ce 31 décembre pour plusieurs mois de travaux d’agrandissement. Ces derniers jours il était encore possible d’y admirer de très près, certains vitraux remarquables du 16e siècle appartenant à l’église Saint-Pierre-ès-Liens provenant de la petite ville d’Ervy-le-Châtel située dans le sud de l’Aube.

Parmi eux, la splendide verrière des Triomphes de Pétrarque qui reviendra bientôt prendre sa place dans l’Eglise d’Ervy. Une église qui termine également une mue de plusieurs années de restauration. Les ornements qu’elle dévoile à présent sont émouvants : des clés de voute aux détails des sculptures, tous ses trésors ont été redorés avec une grande finesse par les restaurateurs. Ils sont encore d’autant plus visibles que l’échafaudage en place permet presque de les effleurer du doigt.

Les autres vitraux, celui de Christine de Bolsène – dont on retrouve l’histoire dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine – , ou l’histoire de Tobie, font également partie des merveilles d’Ervy. Tous ces vitraux ont été restaurés par la Manufacture Vincent-Petit, après une série de restaurations fin 19e siècle et début 20e.

La petite ville fortifiée d’Ervy compte environ 1200 habitants. Energique et volontaire, elle a entrepris depuis plusieurs années, un programme global de mise en valeur de son patrimoine. La connaissance du patrimoine du vitrail, qui fait toute la fierté de la ville, a été rendue possible grâce à l’ouverture en 2015 de l’incroyable Maison du vitrail d’Armance, installée dans un bâtiment pour le moins incongru : l’ancienne prison de la ville ! Chaque cellule accueille une partie du circuit de visite sur la fabrication du vitrail, ainsi que de très belles expositions temporaires, comme celles des travaux de d’Henri Guérin ou de Raphaëlle Mathis. Un atelier en résidence flambant neuf ouvrira ses portes aux artistes dès 2019 pour encourager la créativité dans un souci de transmission. Parallèlement au vitrail, Ervy s’appuie sur son cœur de ville, ancien bourg fortifié circulaire du 13e siècle dont l’une des portes d’accès subsiste, la dernière dans l’Aube. Une halle circulaire à pans de bois datant du début du 19e siècle a également été réhabilitée et accueille concerts et expositions ainsi que l’Office du Tourisme.

La cité rayonne à travers le réseau des Petites cités de caractère. On y déambule par des ruelles qui surplombent la vallée d’Armance. Proche du Pays d’Othe, le cidre y pétille et chaque année début août, un festival médiéval bat son plein animé par les habitants et plusieurs associations.

Un bel exemple de patrimoine authentique bien ancré dans son territoire, développé de manière cohérente et valorisé par ses habitants qui le font vivre dans leur quotidien.

Zouzoukwa au coeur de l’identité culturelle

O’Plérou Grebet, jeune et talentueux graphiste ivoirien, a créé son propre univers d’émoticônes qui dépeint sa culture et les codes de son pays. Il en diffuse un par jour depuis janvier 2018 via les réseaux sociaux. Il a su transcrire des expressions très visuelles et des références symboliques par un design épuré et très gai. Il a inventé des émoticônes à l’image de la richesse de son quotidien, vivants, joyeux et colorés qui font l’unanimité localement et dépassent les frontières… L’art comme outil d’appropriation culturelle, au-delà de la reconnaissance identitaire, de la transmission ou de la nostalgie, rassemble dans la fierté d’une culture partagée. L’artiste O’Plérou est devenu un excellent ambassadeur de sa culture et invite de manière originale, à la découverte d’un pays plein de peps! Une belle démonstration du dynamisme et de la créativité de la jeunesse africaine! Pari largement réussi!

https://www.france24.com/fr/video/20181219-zou-zou-kwas-emoticones-made-in-cote-divoire?ref=em_i 19/12/2018_Connaissez-vous les Zou Zou Kwas ? Ces smileys à la sauce ivoirienne ont été inventés par O’Plérou Grebet, un graphiste de 21 ans…